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La solitude de l’entrepreneur

Jonathan partage son histoire et ses conseils

Entreprendre semble souvent synonyme de liberté. Mais derrière cette liberté se cache parfois aussi de la solitude. Jonathan, entrepreneur dans l’IT, raconte comment il l’a vécue, pourquoi le lien social est si important et quelles démarches l’ont aidé à ne pas rester seul face aux défis. 

Dernière mise à jour le 27 mai 2026 par Jonathan De Graeve

La réalité du démarrage 

Jonathan avait une image claire en tête : la liberté. Mais cela s’est avéré être une illusion. « En tant que consultant, je ressentais cette liberté, mais beaucoup moins en tant qu’entrepreneur. On a la possibilité de prendre des décisions que l’on ne pouvait pas prendre comme salarié, mais il y a aussi des obligations que l’on n’avait pas auparavant. C’est un compromis. » 

Et il y a une autre réalité difficile : « Quoi qu’il arrive, c’est à vous de le résoudre. Même si vous cherchez une nouvelle personne pour régler un problème, la première action vous revient toujours. » 

La solitude : comment la ressent-on ? 

Pour Jonathan, tout a commencé par un manque de compréhension. « Personne n’y croyait. Ma famille me disait souvent : “Tu ne devrais pas arrêter ?” On a envie d’échanger sur un problème, et la réponse que l’on reçoit, c’est : “Ça ne rapporte pas ? Pourquoi tu fais ça ?” Cela n’aide pas. » 

Parfois, les attentes sont élevées. « On suppose que vous savez tout, mais ce n’est pas le cas. » 

À cela s’ajoute une culture de la perfection apparente. « Sur LinkedIn, on dirait que tout va toujours bien dans les autres entreprises, mais une grande partie de ce qu’on y voit relève du marketing. Dans les couloirs, on entend souvent une tout autre histoire. Le côté vulnérable reste caché, et même lorsqu’il est montré, c’est souvent une forme de construction d’image. Cela peut faire naître un sentiment de solitude. » 

Jonathan compare cela à la parentalité : 

« On peut lire des livres sur les enfants, mais on ne sait vraiment ce que c’est que lorsqu’on le vit. L’entrepreneuriat, c’est pareil. »

Des actions contre la solitude 

Jonathan est parti à la recherche de lien. Il a rejoint des réseaux et des communautés d’entrepreneurs. « Là, je pouvais être moi-même et parler de mes incertitudes. On se retrouve dans un groupe d’aveugles qui ne savent pas non plus, mais cela crée un sentiment de connexion. » 

Le coaching et les groupes d'échange l’ont aidé à prendre conscience de son évolution.  
« On ne développe pas sa conscience tout seul. Cela vient des questions posées par les autres. On remarque que les choses finissent par se résoudre, mais il faut apprendre à prendre conscience des actions que l’on a entreprises pour y arriver. » 

Les besoins évoluent toutefois avec le temps. « Aujourd’hui, j’ai besoin de personnes plus expérimentées comme coachs. Comme lorsqu’on parle avec une mère capable de donner des conseils. » 

La leçon la plus importante ? L’acceptation. « Votre entreprise, c’est votre enfant. On apprend seulement en faisant. Il n’existe pas de solution universelle. » 

Les conseils de Jonathan 

  • Construisez un réseau avant de vous lancer. « Assurez-vous de savoir vers qui vous pouvez vous tourner. »
  • Cherchez à la fois des pairs et des entrepreneurs expérimentés. Différents points de vue peuvent aider.  
  • Trouvez un bon partenaire. « Avec un partenaire, vous pouvez échanger. Vous partagez la responsabilité et vous avez les mêmes intérêts. »  
  • Soyez indulgent avec vous-même. Personne ne fait tout parfaitement.  
  • Prenez soin de votre bien-être. Le sommeil, la réflexion et la prise de recul sont essentiels. « Parfois, il faut oser s’arrêter pour retrouver sa concentration. »  
  • Acceptez que les choix aient des conséquences. « Choisir, c’est renoncer : on ne peut pas tout avoir en même temps. »  
  • Travaillez votre état d’esprit. « Restez connecté(e) à votre propre corps et ressentez tout ce qui se passe à l’intérieur. Vous ne pouvez pas tout changer, mais vous pouvez revenir à des émotions positives. Parfois, les choses sont ce qu’elles sont : acceptez le fait que vous essayez toujours d’en tirer le meilleur. Grandir signifie aussi apprendre des erreurs commises. »

Travaillez votre connexion sociale 

La solitude fait parfois partie de l’entrepreneuriat, mais vous n’êtes pas obligé d’y rester enfermé. Briser la solitude commence souvent par de petites étapes : chercher le contact, partager ses expériences et construire consciemment un réseau sur lequel on peut s’appuyer. Vous voulez découvrir comment le lien social peut renforcer votre bien-être mental en tant qu’entrepreneur ? 

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Jonathan De Graeve
CEO SmartEye

Jonathan a 42 ans et travaille dans le secteur de l’IT. Il a commencé en 2004 comme indépendant à titre complémentaire, a créé une société en 2013 et est passé entièrement au statut d’entrepreneur en 2018. Aujourd’hui, il est administrateur de sa propre entreprise IT. 


🗨️« Je pensais qu’entreprendre apporterait de la liberté, mais ce n’est pas le cas », explique-t-il. « L’image typique, c’est que l’on fait ce que l’on veut, quand on veut. Mais dans la pratique, il y a la réglementation, la conformité, et l’on travaille avec des personnes dont il faut aussi tenir compte. »