La littérature scientifique montre que les chances de reprise du travail chez l’employeur actuel se concentrent principalement dans les trois premiers mois de l’incapacité. Plus l’absence se prolonge, plus ces chances diminuent fortement.
« La probabilité de retour au travail chez le même employeur diminue relativement rapidement avec la durée de l’arrêt de travail : elle n’est que plus que de 50 %, en moyenne, après 6 mois d’incapacité de travail, 20 % après 1 un an et 10 % à 2 ans. » (Reprise du travail après une absence de longue durée | Beswic).
C’est pourquoi le médecin du travail, ou le personnel infirmier qui l’assiste, doivent informer le plus rapidement possible le travailleur en incapacité de travail des différentes possibilités qui s'offrent à lui lors de la reprise du travail.
Communication des incapacités de travail de 4 semaines
Le code du bien-être au travail prévoit l’obligation pour l’employeur d’informer le médecin du travail de toute incapacité de travail de quatre semaines ou plus, et ce pour l’ensemble des travailleurs, qu’ils soient ou non soumis à la surveillance de la santé obligatoire.
L’employeur transmet au médecin du travail les informations nécessaires pour permettre cette prise de contact, dans le respect du principe de minimisation des données et uniquement pour la finalité prévue par le Code du bien-être au travail telles que :
- son adresse,
- son numéro de téléphone
- ou son adresse mail privée.
Quels sont les possibilités offertes aux travailleurs ?
Le médecin du travail informe le travailleur des possibilités qui s’offrent à lui, à savoir :
- Une conversation avec le médecin du travail ou l’infirmier/ère
- La visite de pré-reprise de travail
Objectif : préparer le retour au travail. Le médecin du travail est informé des problèmes médicaux du travailleurs et discute avec lui des mesures éventuelles à envisager pour faciliter la reprise du travail (adaptation du poste de travail, autre tâche, retour progressif avec réduction du temps de travail). Le médecin ne se prononcera pas sur l’aptitude du travailleur. Cette visite de pré-reprise est également appelée « trajet informel ».
- Le trajet de réintégration : le médecin du travail évalue si le travailleur est capable de reprendre le travail moyennant un travail adapté ou un autre travail. Il se prononce sur le caractère temporaire ou définitif de l’inaptitude et détermine les modalités nécessaires à la reprise. Il s’agit d’un processus plus formel que celui de la pré-reprise de travail.
Le législateur est clair. Il ne s’agit pas de médecine de contrôle. L’objectif de cette prise de contact n’est pas de vérifier le bien-fondé de l’incapacité, ni de déterminer la date de reprise, mais bien d’informer les travailleurs des possibilités de retour au travail, notamment via un aménagement du poste de travail.