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Flexi-jobs : vers une généralisation à tous les secteurs

Le flexi-job devient encore plus attractif pour les employeurs. Le gouvernement envisage d’élargir le dispositif à tous les secteurs et d’assouplir les plafonds de rémunération et d’imposition. Une opportunité, à condition d’en maîtriser le cadre légal. Vous trouverez dans cet article ce qui changera pour les employeurs.

Qu’est-ce qu’un flexi-job aujourd’hui ?

Le flexi-job permet à votre travailleur d’exercer une activité complémentaire auprès d’un autre employeur à des conditions sociales et fiscales avantageuses. Peuvent exercer un flexi-job :

  • Les travailleurs occupés au moins à 4/5e chez un autre employeur
  • Les pensionnés, sans condition d’occupation préalable.

Le système repose sur deux contrats distincts :

  • Un contrat-cadre, qui fixe les conditions générales
  • Un contrat de travail flexi-job, conclu pour chaque occupation effective.

En savoir plus : « Qu’est-ce qu’un flexi-job ? »

Dans quels secteurs les flexi-jobs sont-ils autorisés aujourd’hui ?

Lors de leur introduction en 2015, les flexi-jobs étaient réservés au secteur de l’Horeca. Au fil des années, le législateur a progressivement étendu le régime des flexi-jobs à d’autres secteurs, notamment dans les services, le commerce et certaines activités de proximité.

Au 1er janvier 2024, la plus grande expansion du système a eu lieu. Cette extension introduisait également le système d'opt-in/opt-out :

  • Dans les secteurs où les flexi-jobs sont autorisés par défaut, les partenaires sociaux peuvent décider :
    • De les exclure totalement, ou
    • De les limiter à certaines activités ou catégories de travailleurs (opt-out).
  • À l’inverse, dans les secteurs où les flexi-jobs ne sont pas encore autorisés, les partenaires sociaux peuvent décider :
    • De les autoriser partiellement ou totalement (opt-in).

Le gouvernement annonce désormais une extension du système des flexi-jobs à l’ensemble des secteurs privé et public, dans le respect des règles d’accès aux professions protégées, y compris certaines fonctions de soins.

Cette généralisation s’accompagnerait toutefois du maintien du mécanisme d’opt-out, ce qui signifie que :

  • Chaque secteur pourrait continuer à exclure ou limiter le recours aux flexi-jobs
  • La concertation sociale sectorielle restera déterminante.

Exemple dans le secteur de la construction 

Le secteur de la construction (CP 124) a déjà annoncé certaines limitations spécifiques. Les travailleurs pensionnés pourraient exercer un flexi-job dans toutes les fonctions, tandis que les autres flexi-jobbers seraient limités à des fonctions ne nécessitant pas de formation de sécurité de base, comme l’administration, les ateliers, les entrepôts ou la logistique.

Qu’est-ce qui change au niveau du flexi-salaire ?

Aujourd’hui, le flexi-salaire est soumis à une règle stricte : il ne peut pas excéder 150 % du salaire minimum de base de l'emploi ou du RMMMG (y compris l'ensemble des primes, indemnités et avantages).

Le gouvernement prévoit d’adapter l’application de la règle des 150 %, afin de rendre le régime plus souple et plus attractif. À l’avenir, le plafond de 150 % serait calculé uniquement sur le salaire minimum de base. Les primes et suppléments seraient exclus du calcul, à condition qu’ils soient accordés en vertu de dispositions légales ou réglementaires.

Quel traitement fiscal pour la rémunération d’un travailleur ou d’un pensionné en flexi-job ?

Les revenus issus des flexi-jobs restent exonérés d’impôt et de précompte professionnel lorsqu’ils sont soumis à la cotisation patronale spéciale de 28 %.

Depuis l’année de revenus 2025, le plafond fiscal applicable aux travailleurs flexi-job non pensionnés a été porté de 12.000 euros à 18.000 euros par an (revenus 2025). Ce montant est désormais indexé annuellement. Pour l’année de revenus 2026, il s’élève à 18.440 euros par an. En cas de dépassement, la partie excédentaire est imposée comme une rémunération ordinaire.

Pour les pensionnés, aucun plafond fiscal annuel spécifique ne s’applique aux revenus issus d’un flexi-job : ces revenus restent donc, en principe, entièrement exonérés fiscalement.

Lisez plus : « Quel traitement fiscal pour la rémunération d’un travailleur flexi-job ? »

Certaines conditions seront-elles assouplies ?

Actuellement, le flexi-job est soumis à des conditions d’occupation strictes. En effet, il est interdit d’occuper un flexi-job auprès d’un employeur lié et il existe des règles strictes de séparation entre travail intérimaire et flexi-job.

Le gouvernement a annoncé plusieurs assouplissements ciblés :

  • Un travailleur à temps plein pourrait exercer un flexi-job dans une entreprise liée. Par conséquent, vous pourrez faire exécuter un flexi-job dans votre entreprise par un travailleur dont l’emploi principal est exercé dans une entreprise liée.
  • Un travailleur intérimaire pourrait, au cours d’un même trimestre, être occupé par la même agence d’intérim tant comme intérimaire que comme flexi-jobber auprès de différents utilisateurs

Une évaluation du système est-elle prévue ?

Oui. Un an après l’entrée en vigueur de la loi, les commissions paritaires devront transmettre une évaluation au ministre de l’Emploi concernant l’utilisation des flexi-jobs dans leur secteur.

Cette évaluation portera notamment sur le nombre d’heures prestées par les flexi-jobbers et sur les conditions de sécurité au travail.

Entrée en vigueur ?

Le 30 avril 2026, le Conseil des ministres a approuvé en deuxième lecture un avant-projet de loi portant diverses modifications relatives aux flexi-jobs. Le texte doit encore être approuvé par le Parlement et publié au Moniteur belge avant que les nouvelles règles ne deviennent effectivement applicables.

Dès que les textes définitifs seront adoptés et que les modalités pratiques seront connues, nous vous tiendrons au courant sur Lex4You des évolutions et de leurs impacts concrets pour votre entreprise.

Que fait Securex pour vous ?

Pour tout complément d'information ou pour toute question supplémentaire, n'hésitez pas à contacter votre Legal Advisor par e-mail à l'adresse myHR@securex.be

Pour en savoir plus sur le système des flexi-jobs, consultez notre dossier complet ici.

Sources