Menu
Blog Entrepreneurs

6 enseignements de l’entrepreneuriat coopératif

Entrepreneurs | 15 novembre 2018 | Ecrit par Jerome Drugeon

Lorsque vous lancez votre projet, de nombreuses questions peuvent vous passer par l’esprit. S’inspirer de ceux qui réussissent reste alors primordial. La Brasserie de la Lesse est une brasserie comme il en existe de plus en plus dans notre pays… à ceci près que c’est une brasserie coopérative. Retour sur une success story atypique.

6 enseignements de l’entrepreneuriat coopératif
Lancée sur un coup de tête en 2011, les 3 fondateurs de la Brasserie de la Lesse optent pour une SCRLFS, une société coopérative à responsabilité limitée et à finalité sociale.

La SCRLFS répond en tout point à leurs besoins : une responsabilité partagée entre les fondateurs, un capital variable et le respect de la finalité sociale que les fondateurs s’étaient fixée.
 
Sept années plus tard, Norbert Buysse, un des fondateurs, se félicite de ce choix :
« le choix de la forme coopérative a été une des clés du succès du projet. Les coopérateurs ont adhéré au projet et, au-delà de leur participation financière, certains coopérateurs se sont vraiment impliqués dans le projet. Nous avons ainsi pu profiter dès le départ d’un vivier de compétences comme un électricien, un graphiste… »
 

Une force de vente inédite
« Mais surtout, ce sont les coopérateurs qui ont assurés la commercialisation de nos bières. Tout d’abord en étant eux-mêmes clients mais surtout en promouvant partout autour d’eux nos produits. » ajoute Norbert.
Des produits appréciés tant pour leur qualité que pour leur positionnement.

« On avait senti qu’il y avait une place sur le marché pour une bière 100% bio, produite localement avec une matière première dont on peut contrôler l’origine. Nous sommes toujours restés fidèles à cette ‘stratégie’. On vend exclusivement via des petits revendeurs et dans l’Horeca, rien via la grande distribution et rien à l’exportation. On garantit un prix de vente juste qui permet aux commerçants de réaliser une marge suffisante. La finalité est et reste locale ! »

Une coopérative en pleine croissance

En 7 ans, la brasserie coopérative n’a cessé de se développer avec l’aide de ses coopérateurs.
« En 2014, nous avons traversé une période de crise et de remise en question. Des problèmes de production et le départ d’un des fondateurs ont remis fortement en question notre avenir. Mais une nouvelle fois, ce sont nos coopérateurs qui nous ont aidé, pas question de laisser tomber ! Ils ont non seulement participé à une nouvelle levée de fonds mais l’enthousiasme collectif nous a redonné le moral. »
Achat d’une nouvelle cuve, puis 2, puis 3. Entrée de la Sowecsom dans le capital. Un produit de qualité, une assise financière, des coopérateurs actifs, la Brasserie coopérative de la Lesse a véritablement pris son envol en 2014.
 
En 2018, la Brasserie de la Lesse a réinvesti à hauteur de 1.3Mio € pour assurer sa croissance. La capacité de production a doublé, passant à plus de 1300 hectolitres. La Brasserie emploie 4 personnes et compte plus de 300 coopérateurs toujours aussi motivés !
 
6 enseignements de l’entrepreneuriat coopératif
  1. La forme coopérative est particulièrement appropriée pour des projets impliquant plusieurs fondateurs, un capital de départ limité, l’envie d’impliquer activement les coopérateurs dans le projet, une finalité sociale. Ainsi, le départ d’un des fondateurs et son remplacement n’a pas fait capoté le projet, un changement d’actionnariat n’entraîne pas de modifications de l’acte constitutif, des problèmes de rachat de parts…
  2. Il faut une « stratégie », pas uniquement une bonne idée ou une idée louable. Brasser une bière bio locale était en soit une idée louable mais aussi une bonne idée « marketing ».
  3. Il faut des compétences complémentaires et surtout des compétences en gestion dans l’équipe. Une coopérative implique une co-gestion qui implique, à son tour, un bon équilibre de compétences dans l’équipe dirigeante. À ce sujet, Norbert pointe les difficultés de cette co-gestion comme le plus gros défi que l’équipe a eu à surmonter. Gérer l’humain reste une compétence indispensable et probablement souvent négligée dans un projet de co-entreprenariat.
  4. Il faut gérer la coentreprise, il faut un business plan, il faut convaincre de la viabilité de son projet, il faut gérer les finances au quotidien, il faut investir et se développer. Une coopérative à finalité sociale, oui mais aussi et avant tout une entreprise !
  5. Les coopérateurs : le clé de voute du modèle. Il faut les convaincre, qu’ils investissent et qu’ils s’impliquent. Ils sont les meilleurs ambassadeurs du projet.
Une coopérative qui coopère avec d’autres coopératives, ça fonctionne car les partenaires se respectent et partagent des valeurs communes. La collaboration est tout de suite très saine et très transparente.
 
0 Commentaire(s) Cacher/Montrer les commentaires
Pas de commentaire.
Laissez un commentaire