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Et si vos travailleurs souffraient d’un bore-out ?

Employeurs | 15 novembre 2016 | Ecrit par Hermina Van Coillie

Cela peut paraître étrange, mais une longue période avec trop peu de pression et trop peu de stress au travail peut mener à un bore-out.

Et si vos travailleurs souffraient d’un bore-out ?

Aujourd’hui, tout le monde sait qu’une charge de travail trop élevée ou des tâches sous haute tension augmentent le risque de stress chronique et par conséquent de stress accru. Par contre, le fait qu’une charge de travail trop légère puisse également entraîner des problèmes, est sans doute encore une nouveauté pour certains.

À l’instar du burn-out, le bore-out est une affection liée au stress.  Au lieu de souffrir de trop de travail, vous souffrez de ne pas en avoir assez, ou surtout, de ne pas avoir assez de travail stimulant. Certains travailleurs souffrant d’un bore-out indiquent qu’ils ont en fait assez de travail, mais que le contenu de leur job ne les motive pas, et qu’ils n’en retirent dès lors aucune satisfaction ou énergie. Le stress permet de travailler de façon attentive et concentrée. Les travailleurs sans un stress suffisant ont donc du mal à rester concentrés.

Il n’existe pratiquement aucune statistique autour du nombre de travailleurs souffrant d’un bore-out. On peut supposer que c’est parce que les travailleurs n’aiment pas l’avouer. Selon Luc Swinnen[1], 15% des travailleurs souffrent d’un burn-out et, parmi ceux-ci, il s’agit dans 7% des cas d’un bore-out. Nous n’avons nous-mêmes jamais fait de sondage direct sur l’expérience d’un bore-out, mais le pourcentage de travailleurs qui indiquent n’être « pas du tout d’accord » à l’affirmation « j’ai trop de travail », peut être considéré comme une indication indirecte du bore-out. Dans notre échantillon de 1.754 travailleurs, 5,6% affirment ne pas du tout avoir trop de travail.

Aujourd’hui, il est presque « à la mode » de faire un burn-out. Car cela impliquerait que vous avez travaillé dur et étiez très motivé(e), bien que des études récentes indiquent qu’il existe une corrélation positive entre l’addiction au travail et le burn-out et pas tellement entre la motivation et le burn-out[2]. Par contre, les travailleurs n’aiment pas trop se vanter d’un bore-out. Celui qui concède qu’il s’ennuie au travail se rend presque superflu. C’est pourquoi il est difficile de reconnaître cet état dans votre entreprise. Souvent des travailleurs souffrant d’un bore-out pensent même qu’ils sont en train de faire un burn-out : selon une enquête récente, la moitié des travailleurs en burn-out souffriraient en fait d’un bore-out[3].

Selon Karasek[4], une autonomie suffisante et des tâches exigeantes garantissent un métier agréable et stimulant. Ces mêmes exigences combinées à une autonomie insuffisante créent un métier trop stressant. Et si nous poursuivons cette logique, une autonomie insuffisante combinée à des tâches peu exigeantes donnent lieu à un travail « simple ». Ce travail simple peut déboucher sur un bore-out.

Sources :

[1] Swinnen, L. (2016). Verveel je je ook rot op het werk? http://stressmanagement.be/luc_swinnen_stress_management-nieuws.asp?taal=nl&rubriekID=JSEQHOINO
[2] Van Beek, I., Taris, T.W. & Schaufeli, W.B. (2011). Workaholic and Work Engaged Employees: Dead Ringers or Worlds Apart? Journal of Occupational Health Psychology, 16(4), 468-482
[3] Tedeschi V. (2015). Geveld door een bore-out: ziek zijn van verveling op het werk. http://deredactie.be/cm/vrtnieuws/binnenland/1.2390986#
[4]  Karasek, R.A. JR. (1979). Job demands, job control and mental strain: Implications for job redesign. Administrative Science Quarterly, 24, 285-308