Login
Blog Employeurs

Pourquoi travaillez-vous ?

Employeurs | 25 juillet 2017 | Ecrit par Hermina Van Coillie

Qu’est-ce qui vous anime dans votre travail ? Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi il est possible que vous éprouviez du plaisir, voire le besoin de travailler ? Voici quelques pistes qui vous aideront à en comprendre les raisons.

Pourquoi travaillez-vous ?

« Pourquoi est-ce que je travaille ? » Une question que je me pose parfois et que mes enfants me posent encore plus souvent. Ils ne comprennent pas toujours pourquoi, le soir, je me réfugie derrière mon ordinateur plutôt que devant la télévision. Parce que je trouve cela plus amusant ? Ils se demandent aussi pourquoi, parfois, je rentre à la maison pleine d’énergie après avoir donné ou écouté une conférence passionnante. « Tu n’es pas fatiguée, maman ? » Évidemment, je suis parfois fatiguée mais, la plupart du temps, mon travail me donne beaucoup d’énergie.

J’ai désormais compris pourquoi. Un terme scientifique existe pour décrire ce phénomène. Et en tant que scientifique, cela me rassure. Ce terme est « la motivation autonome ». Je suis motivée de manière « autonome » pour mon travail. Il provient de la théorie de l’autodétermination (TAD ou SDT).

Qu’est-ce que cela signifie, me demanderez-vous ?

Que nous effectuons des démarches pour, grosso modo, quatre grandes raisons.

Raison n° 1 : parce que vous le désirez et aimez le faire

Mieux connue sous le terme « motivation intrinsèque ». Vous roulez à vélo parce que vous aimez rouler à vélo. Vous voyagez parce que vous aimez voyager, vous travaillez parce que vous aimez travailler.

Nous faisons par ailleurs beaucoup de choses alors que nous n’aimons pas les faire. Des choses pour lesquelles nous ne sommes donc pas motivés intrinsèquement, mais extrinsèquement. La motivation intrinsèque est une bonne chose, elle est même notre objectif, alors que la motivation extrinsèque serait secondaire. Nous sommes, en effet, plus aptes à faire les choses que nous aimons. Et nous les faisons mieux, de surcroît.

Si tel était le cas (et vous me voyez venir, ce n’est donc pas le cas), cette manière de voir les choses serait très restrictive. Même si nous aimons faire beaucoup de choses, nous n’aimons pas tout faire et, à plus forte raison, certainement pas dans le contexte professionnel. N’importe qui pourra citer sans peine cinq tâches qu’il considère comme des corvées, à la maison ou au travail (mais qu’il fait quand même). Mon top 5 à la maison : remplir et vider le lave-vaisselle, faire les courses le samedi après-midi dans un Delhaize bondé, acheter un cadeau d’anniversaire de dernière minute pour que ma fille chérie puisse aller à la fête de sa copine, gratter la glace du pare-brise de la voiture (dans un froid glacial) et repasser.

Une question se pose : pourquoi faisons-nous tout de même ce que nous n’aimons pas faire ?

Raison n° 2 : parce que ces choses ont leur raison d’être

Si vous ne remplissez pas le lave-vaisselle, les assiettes ne seront pas propres. Si vous n’allez pas au supermarché, vous n’aurez pas de quoi manger. Si vous n’achetez pas ce cadeau, votre fille arrivera les mains vides chez sa copine. Si vous ne grattez pas la glace sur votre pare-brise, vous ne pourrez pas prendre la route. Ce sont donc là toutes des choses que nous faisons, même si nous n’aimons pas les faire. Selon la TAD, cette raison est tout aussi bonne, voire meilleure que la motivation intrinsèque. Très important en effet : les raisons pour lesquelles nous entreprenons des démarches ne découlent pas de la tâche en soi, mais de l’extérieur. Nous sommes donc « extrinsèquement motivés ». Nous choisissons tout de même personnellement de faire ces choses. C’est un choix « autonome ». Et, par conséquent, une forme d’auto-motivation. Extrinsèque, certes, mais autonome. Ce qui, en soi, est une très bonne chose.

Cependant, il existe deux autres raisons de faire quelque chose

Nous estimons parfois que certaines choses n’ont vraiment aucune raison d’être (si nous n’aimons pas les faire). Votre fille n’a pas de cadeau pour sa copine ? Ce n’est pas grave ! Et pourtant, vous allez au magasin. Pourquoi ? Parce qu’il le faut. Soit parce que vous vous l’imposez : vous serez rongé par la culpabilité si vous n’allez pas acheter le cadeau. Soit parce que quelqu’un d’autre vous l’impose : votre partenaire s’attend à ce que vous alliez acheter ce cadeau. Nous sommes ici dans le cas des raisons 3 et 4 : l’obligation interne et externe. Vous vous conduisez de la sorte parce que c’est nécessaire, pas parce que vous le voulez. Ces deux raisons sont néfastes et entraînent souvent des conséquences négatives. Si vous vous conduisez d’une certaine manière par nécessité, vous êtes motivé de manière contrôlée, ce qui n’est pas vraiment positif.

Les travailleurs motivés de manière contrôlée sont plus stressés, courent un risque accru de faire un burn-out, sont plus souvent malades et pour des durées plus longues. Ils sont simplement moins heureux au travail. Leur travail absorbe leur énergie.

À l’inverse, les travailleurs auto-motivés puisent de l’énergie dans leur travail

C’est précisément la raison pour laquelle, en tant que mère de 4 jeunes enfants (2, 5, 7 et 9 ans), je choisis résolument de continuer à travailler. J’adore mon rôle de mère et mes 4 enfants sont mes rayons de soleil. Je suis toutefois très heureuse de pouvoir endosser le rôle de « HR research expert » 4 jours par semaine. J’aime ce travail et je trouve que les facettes qui ne me plaisent pas (comme relire les rapports, vérifier que les notes de bas de page sont correctes, remplir les notes de frais) ont leur raison d’être. Mon travail me permet d’être heureuse.

Et c’est ce que je réponds à mes enfants quand ils me regardent, stupéfaits, me remettre au travail avec le sourire, alors que mon mari leur fait la lecture avant de les mettre au lit.

Et d’ailleurs, si quelqu’un se demande ce qu’il advient de la corvée numéro 5 de mon top 5, le repassage : même l’obligation externe ne me stimule pas à m’y mettre. Je ne repasse donc tout simplement pas.